CRLL - Centre régional des lettre et du livre
Un Moyen Âge lumineux
Splendeurs des manuscrits des bibliothèques du Nord et du Pas-de-Calais

Toutes les régions françaises possèdent, dans leurs bibliothèques, des manuscrits hérités du Moyen âge. Mais le Nord – Pas de Calais se situe très loin en tête, avec le premier ensemble, en quantité et en qualité, après les fonds parisiens. Plus de trois mille manuscrits médiévaux, incluant des pièces de qualité exceptionnelle, ont été recueillis à partir des richesses des grandes abbayes, mais proviennent aussi, par héritages successifs, des bibliothèques privées des princes et des seigneurs, des bourgeois, et de personnes plus modestes. Dans une région où le patrimoine bâti a souffert de destructions immenses, cette situation est un privilège, et porte aussi un devoir. Ces trésors sont une base majeure pour les travaux des historiens de l’art, comme de tous les chercheurs des sciences historiques, et ils constituent un ensemble que des expositions présentent régulièrement au public. Le seul territoire du Nord – Pas de Calais détient à lui seul autant de manuscrits enluminés que les plus prestigieuses bibliothèques au niveau mondial. Cela entraîne des obligations, pour que le tout soit transmis aux générations futures. Mais c’est aussi une grande force, car cela peut être une fierté, et une vraie source de vitalité culturelle.

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Oraisons, Saint Augustin, vers 1460 (Médiathèque de Roubaix, MS 007)



Tout au long du Moyen âge, la peinture était aussi dans les livres. Après les jours passés par les artisans à préparer longuement les peaux de parchemin, après les semaines ou les mois nécessaires au copiste pour reporter le texte, depuis son modèle, sur un nouvel exemplaire — puisque l’œuvre est sauvegardée en étant copiée de manuscrit en manuscrit —, l’enlumineur passe lui aussi un temps considérable à ajouter des peintures à un nombre variable de pages, selon l’importance du livre, de l’exécution modeste à la commande la plus somptueuse. Ces artistes, car il s’agit bien d’un art, travaillent, jusqu’à l’époque romane, essentiellement dans les ateliers des monastères, puis, à partir du développement des villes et des universités au XIIIe siècle, se retrouvent surtout dans des centres urbains, car une nouvelle clientèle, celle des professeurs et de leurs étudiants (pour des livres plus modestes dans leur réalisation), des seigneurs, des bourgeois, s’est développée. Mais quels que soient les contextes de leur réalisation, ces enluminures constituent une part majeure de la création médiévale. Elles se relient au texte au milieu duquel elles sont placées, mais il ne s’agit que rarement d’une simple transcription. L’enlumineur puise dans le vaste répertoire des images qu’il connaît, écoute la manière dont le commanditaire interprète et apprécie le texte de l’ouvrage concerné, se sert enfin de son imagination pour produire chaque fois une œuvre nouvelle. De la même manière que le texte manuscrit porte la liberté et l’invention d’un homme qui copie, mais juge bien sûr, peut corriger, se trompe aussi parfois — en ne comprenant pas les abréviations du texte qu’il a en modèle —, l’enluminure, même lorsqu’elle reprend des thèmes connus, n’est pas reproduction mécanique, mais création nouvelle.

Toutes ces raisons font que ces œuvres nous touchent tant. Pour l’intensité de l’or et des couleurs, protégées dans le livre fermé et rangé sur les rayonnages ; pour le témoignage sur une société, car les costumes, les objets, les bâtiments, les paysages, sont bien ceux du temps de l’enlumineur ; pour la vibration qui anime ces images, et qui transmet l’émotion de celui qui avait conscience de servir le livre. C’est aussi pour cela que ce sont des trésors, pour ce dont ces textes, et leur décor, témoignent sur le respect de la parole héritée des hommes qui les ont précédés. Ce n’est pas une parole figée, car elle est glosée, commentée, discutée, servant de base à de nouveaux textes qui seront débattus à leur tour. Les enluminures sont bien un des signes de cette invention incessante, et d’une culture qui ne cesse de relier le visible et l’invisible.

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Fig. 1 : Portrait de Saint Jean, feuille détachée d’un Evangile, Liessies, 1146 (Avesnes-sur-Helpe, Musée de la Société d’archéologie et d’art)



Dans les Evangiles de Liessies, au milieu du XIIe siècle, une extraordinaire peinture en pleine page (fig. 1) nous présente saint Jean écrivant son Évangile, la main gauche tenant le grattoir, qui permet les corrections sur le parchemin, la main droite trempant la plume dans l’encrier. L’image remplit plusieurs fonctions. Elle est à la fois symbolique, présentant Jean comme en majesté, assis de face, presque entièrement en frontalité, et remplissant tout l’espace défini par les bordures à motifs floraux et à médaillons. Et elle est en même temps narrative, puisque nous voyons Jean engagé dans une action. Mais la manière même de représenter cette action dépasse toute logique spatiale ou temporelle. Si Jean peut écrire, c’est parce que l’Esprit saint l’inspire, comme le montre la colombe, envoyée par la main de Dieu sortant du médaillon, et qui vient dicter les paroles révélées dans l’oreille de l’évangéliste. Mais il peut aussi écrire parce que l’abbé Wédric, dans le médaillon latéral à droite, lui tend l’encrier. C’est un moment magique : un abbé du XIIe siècle (il est abbé de Liessies de 1124 à 1147) tient l’encrier à un homme du temps du Christ.

Cette communication entre les millénaires s’inscrit dans une grande théologie de l’histoire, mais elle montre aussi, plus simplement, mais avec autant de force, qu’une parole vivante est éternelle. Nous sommes ici dans le cadre d’une religion, le christianisme, et d’une époque, le Moyen Âge, mais une telle page est emblématique de ce que le livre peut représenter pour les hommes de toutes époques et de tous milieux : une parole qui a été longuement mûrie prend tout son poids, et le conserve au-delà de la personne qui lui a, la première, donné une forme écrite, et au-delà de la chaîne des hommes qui, de manuscrit en manuscrit, l’ont recopiée pour la transmettre aux générations suivantes.

Les huit médaillons des encadrements tissent eux aussi cette imbrication mystérieuse d’une narration, inscrite dans le temps, et de signes issus de l’invisible. Les scènes des quatre angles, avec la figure centrale, en bas, de l’empereur ordonnant le martyre de Jean (plongé à gauche dans la cuve d’huile bouillante), évoquent la vie de l’évangéliste. Alors que l’aigle à gauche est son symbole, hors cette fois de tout récit, et s’inscrivant, comme la main divine, dans une autre dimension.

Tous les manuscrits que nous avons hérités du Moyen âge ne sont pas aussi somptueux, et beaucoup n’offrent qu’une illustration très réduite. Mais tous sont précieux, parce que très fragiles. Chacun de nous peut les voir, régulièrement, dans les expositions temporaires, mais nous pouvons comprendre que leur consultation directe n’est possible que pour les chercheurs qui se sont consacrés à leur étude. Cette conscience de la place très particulière du livre dans les besoins de transmission, et de témoignage d’une autorité, d’une parole qui peut être soumise au débat, mais qui est d’abord recueillie et écoutée, n’est pas un phénomène propre à notre époque. Un manuscrit des Phénomènes, du poète grec Aratos (IIIe siècle avant J.-C.), réalisé par l’abbé Odbert lui- même à l’abbaye de Saint-Bertin à Saint- Omer, vers l’an mille, contient ce poème sur les corps célestes, réunissant des données scientifiques et des légendes sur les astres. Une pleine page du manuscrit (fig. 2)

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Fig. 2 : Aratus, Phénomènes, Saint-Bertin, vers 1000 (bibl. municipale de Boulogne-sur-mer, MS 188)



associe le zodiaque à la représentation des planètes, avec quatre schémas cosmo- logiques complexes dans les angles. Mais cette superbe page enluminée est le chaînon d’une longue série. Plusieurs auteurs latins de l’Antiquité rédigent en effet des versions latines adaptées du texte d’Aratos. Une de ces versions, écrite au Ier siècle par Germanicus, fils adoptif de l’empereur Tibère, et astronome amateur, fait l’objet d’un manuscrit de la fin de l’Antiquité. Celui-ci est copié à l’époque carolingienne, vers 830, en un nouveau manuscrit, somptueux (aujourd’hui à Leyde), avec des peintures en pleine page. Et c’est ce manuscrit carolingien que l’abbé Odbert se fait prêter pour le copier pour la bibliothèque de son monastère. Ce manuscrit d’Odbert sert d’ailleurs à son tour de modèle à un exemplaire plus modeste (conservé à Berne). Écrire, c’est bien aussi constituer une chaîne, de manuscrit en manuscrit, pour sauver et transmettre un texte.

Ces peintures en pleine page sont spectaculaires, mais la place du décor, dans le livre médiéval, est d’abord celle de l’initiale, qui a pour but de faire ressortir le début d’un texte ou d’un chapitre. L’initiale est sou- vent une simple lettre agrandie et mise en couleurs. Elle peut ensuite porter un décor purement ornemental, par exemple végétal. Mais elle est aussi, souvent, le support d’une vraie représentation. Dans un Livre d’heures de 1499 (fig. 3), la lettre D (Psaume 114, D/ ilexi quoniam exaudiet Dominus..., « J’aime quand Dieu entend le cri de ma prière... » [1]) est remplie par le motif d’un crâne, en relation avec la page consacrée à une célébration pour les morts. Dans les Oraisons de saint Augustin (fig. 4), une autre lettre D (Psaume 21, Deus Deus meus respice me..., « Mon Dieu, mon Dieu, jetez sur moi vos regards... ») porte cette fois une scène historiée, une Vierge de pitié, qui tient sur ses genoux le Fils mort, au pied de la croix.
L’initiale peut aussi occuper une majeure partie de la page. Dans un grand manuscrit roman (fig. 5), l’initiale I du début de l’Ancien Testament (Genèse 1, I/n principio..., « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre... ») se déploie largement dans le sens vertical, et ses médaillons superposés présentent, de haut en bas, Dieu créant le soleil et la lune, les offrandes de Caïn et Abel, le meurtre d’Abel, Abraham recevant les trois anges, le sacrifice d’Isaac. Les petits médaillons répartis dans le cadre présentent des Vertus, seule la Foi, en bas à gauche, est nommée, mais on reconnaît dans la deuxième à droite la Prudence, avec son attribut le serpent (en raison de Matthieu 10, 16, « Soyez prudents comme les serpents. »), et en dessous d’elle, la Patience, dont la tête est transpercée par une épée.

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Fig. 3 : Livre d’heures de Jeanne Nerbier, Arras ou Tournai, 1499 (bibl. municipale de Lille, MS 79)



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Fig. 5 : Origène, Homélies sur l’Ancien Testament, Saint-Bertin, vers 1125-1130 (bibl. municipale de Saint-Omer, MS 34)



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Fig. 6 : Bible de Saint-Vaast, Arras, second quart du XIe siècle (bibl. municipale d’Arras, MS 559)



Dans la Bible de Saint-Vaast d’Arras, le frontispice du Deutéronome forme un splendide diptyque sur une double page. La page de gauche (fig. 6) propose une composition complexe que l’on ne peut décrire ici dans tous ses aspects. Le cœur en est l’initiale H (Deutéronome 1, Haec sunt verba quae locutus est..., « Voici les paroles que Moïse adressa à tout Israël... »), et on voit au-dessus du cadre Dieu, à gauche, s’adressant à Moïse en pendant à droite de l’arc du sommet. Le serpent enroulé autour des pattes et du bec d’un oiseau colossal, face à un autre plus petit, ne constitue pas un « bestiaire au symbolisme plus obscur », comme on l’a écrit, mais est la reprise du thème du combat de l’oiseau et du serpent.
Ce thème est présent dans les enluminures du Commentaire de l’Apocalypse, de Beatus de Liébana, dans les somptueux manuscrits espagnols préromans ; il est un symbole de la lutte du bien et du mal fondé sur un héritage du Proche-Orient passé dans l’Occident gréco-romain puis christianisé. Dans le texte des Beatus, cet oiseau décrit comme transperçant avec son bec le crâne du serpent est l’image du Christ rédempteur venant vaincre l’esprit de l’antique serpent traître au genre humain (celui qui a trompé Eve et Adam). Dans la Vie et miracles de Saint-Amand, la lettre monumentale A remplit la page, tandis que les lettres MANDUS, suite du nom du saint, occupent la partie basse (fig. 7). Toute la page est animée par des rinceaux d’une vie puissante, tant par le dynamisme de chacune des feuilles, que par le rythme ornemental de l’ensemble qui pousse le regard à circuler dans ce déploiement vibrant de vie.
Ces rinceaux sont habités de personnages et d’animaux réels ou hybrides, engagés dans des combats, expression d’un imaginaire qui est celui d’une iconographie visionnaire et épique. Elle est visionnaire, en montrant un peuple fantastique inconnu aux yeux des hommes. Elle est épique, en faisant de ces motifs les signes d’une lutte entre les forces du bien et du mal. En position frontale dans le A, donc s’étant retiré de toute agitation, Amand tient la crosse de l’abbé et bénit, et par ce geste il a déjà vidé le triangle central de tout tumulte. Une telle page n’est donc pas un simple décor pittoresque, mais une grande leçon sur l’ordre que la sainteté peut amener dans un monde de tumulte.

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Fig. 7 : Vie et miracles de Saint-Amand,Abbaye de Saint-Amand, vers 1150-1160 (bibl. municipale de Valenciennes, MS 501)



Le monde de l’étrange, de l’insolite, tel que le révèlent bien des enluminures des manuscrits du Moyen Âge, relève de deux grands domaines, les miracula et les mirabilia, c’est-à-dire le miraculeux, ce qui est issu de la volonté divine, comme par exemple toutes les manifestations du Ciel dans les vies des saints ; et le merveilleux, qui relève de l’étrangeté que les hommes peuvent observer dans bien des manifestations de la nature ou des êtres vivants. Une très rare représentation des mégalithes de Stonehenge (fig. 8),

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Fig. 8 : Scala mundi, Angleterre, vers 1440 (bibl. municipale de Douai, MS 803)



montre une imbrication, apparemment contradictoire, du merveilleux et de l’observation juste des choses. Le merveilleux, ici, réside dans la légende médiévale. Le roi légitime des Bretons (nom de ceux que nous appelons aujourd’hui les Anglais), Aurelius Ambrosius, en exil forcé à la suite d’une trahison, revient et réussit à battre ses ennemis. Selon la légende, il veut bâtir un mémorial en l’honneur de la victoire, et devant l’in- capacité de ses charpentiers et maçons, le prophète et enchanteur Merlin est appelé à l’aide. Merlin recommande de chercher la « Ronde des géants », cercle de pierres que les géants ont rapportées d’Afrique pour les installer au Mont Killaraus en Irlande, et qui possèdent des pouvoirs magiques. Quinze mille hommes envoyés pour déplacer les pierres s’y efforcent en vain. Merlin rit de leur tentative, et soulève les pierres, avant de les redisposer à leur emplacement actuel.
On possède de Stonehenge deux dessins du XIVe siècle, qui montrent le site comme un monument rectangulaire, d’une manière donc toute symbolique. Le dessin du manuscrit de Douai (fig. 8) est le premier qui résulte d’une volonté d’observation : les mégalithes sont présentés dans leur dis- position d’ensemble circulaire, et on voit même les tenons et mortaises de fixation des blocs, pas tout à fait exacts certes, mais bien observés eux aussi.

Le décor des manuscrits du Moyen Âge s’inscrit bien dans une histoire. La hampe de l’initiale H, dans la Bible de Saint-Vaast (fig. 6), est ornée de motifs d’entrelacs, tout à fait géométriques, dans la lignée des manuscrits irlandais et anglo-saxons, plus fidèles aux abstractions des petits objets superbes des cavaliers barbares du Haut Moyen Âge. Les rinceaux de la Vie de Saint-Amand (fig. 7) ne possèdent plus ce graphisme sec, incisif, et se déroulant comme une surface plane ; ils suggèrent au contraire le volume, et sont animés d’une vraie dynamique ornementale.
Dans la très belle Apocalypse gothique de Cambrai (fig. 9), la grande composition qui remplit une demie-page, au-dessus des deux colonnes du texte, utilise encore des procédés très conventionnels, comme la différence de taille des personnages, l’absence complète de profondeur, de lumière naturelle et d’ombre portée, mais les corps humains sont observés, et les plis des vêtements ont une relation cohérente avec les silhouettes des hommes qui les portent.


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Fig. 9 : Apocalypse en latin avec gloses, Angleterre vers 1260 (bibl. municipale de Cambrai, MS 422)



À la fin du Moyen âge, la peinture de manuscrits a conquis une capacité de réalisme analytique, maîtrisant la perspective comme le modelé, les lumières naturelles, le rendu des matières. Dans les marges du Livre d’heures déjà évoqué (fig. 3), les fleurs et les fraises, les oiseaux, les papillons et les mouches sont convaincants de vie, et leurs ombres portées en font presque des images en trompe-l’œil. Mais le livre, depuis deux siècles, est peu à peu entré dans la vie quotidienne de bien des laïcs, seigneurs ou bourgeois. La prière est ici en latin, et le titre en haut est en français, pour aider à la lecture. Mais le livre est devenu aussi un objet personnel, qui sert à la dévotion privée, dans l’intimité de la demeure.
Nous avons signalé le crâne dans l’initiale, et lui répondent, dans la marge, d’une part la mort qui se joue d’un linceul, d’autre part le cadavre d’une femme, prêt à être enseveli, et enfin, entre les deux, cette extraordinaire banderole qui porte une phrase et une date : La mort m’a mort tres apprement, 1499, en un jeu de mots qui est connu par ailleurs à cette époque, « La mort m’a mordu très durement ». On sait que le manuscrit a appartenu à une certaine Jeanne Nerbier, par une note qu’elle a laissée dans le livre. Le mot de la fin nous échappe, mais on peut supposer qu’elle a fait préparer cette page pour elle- même, soit en laissant à ses héritiers le soin d’ajouter la date du décès, soit en y mettant la date à laquelle elle a senti la mort très proche.

Nous ne sommes plus, en cette fin du XVe siècle, en un temps où les livres sont rares, essentiellement en latin, à l’usage propre des clercs, et regroupés dans les bibliothèques monastiques. Désormais, de nombreux laïcs possèdent des livres, les lisent, mais y montrent aussi comment ils se sentent concernés par leur destin personnel, et par la fragilité des choses. Le contraste entre le cadavre étendu, au bas de la page, et les animaux insouciants dans les marges, est la manière qu’a l’enluminure, comme le texte mais dans un autre registre, de montrer que la conscience de la mort n’en rend que plus intense l’appréciation du vivant. Le livre, ici aussi, est un miroir merveilleux des joies et des grandes questions des hommes.

Christian Heck

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Rédigé le 4 February 2013 par Le CRLL, actualisé le 29 January 2013
Notes :

[1]Les médiévistes suivent pour les Psaumes la numérotation de la Vulgate, la Bible dans la traduction latine de saint Jérôme, légèrement différente de la numérotation de la plupart des traductions françaises modernes.

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