CRLL - Centre régional des lettre et du livre
La formation est-elle une pratique développée ?

- Les personnels sont assidus

Une très large majorité des 480 personnes suivent ou ont déjà suivi des formations : plus de 86%, soit 414. Au total, 1207 motivations ont été avancées, soit plus de 2,5 par personne en moyenne. Parmi les motivations proposées, ont été plus souvent cochées :
- la volonté d’améliorer ses compétences (25,8%),
- de connaître les évolutions du métier (16,7%),
- « j’en ai besoin » (14,3%),
- la préparation de concours (11,8%),
- la confrontation de son expérience (9,8%),
- la rencontre avec des collègues (8%),
- dans le cadre d’un plan de formation (4,7%),
- suite à l’admission à un concours (4,3%),
- suite à une promotion interne (2,2%),
- suite à l’entretien annuel d’appréciation (1,2%),
- par obligation vis-à-vis de sa tutelle (0,7%),
- par souhait de changer de filière ou de métier (0,4%),
- pour d’autres raisons (0,2%)

On peut noter que les motivations sont prioritairement positives : les citations les plus fréquentes reflètent le désir d’accomplissement personnel dans le cadre professionnel passant par l’évolution de carrière et des contacts enrichissants avec les collègues. Viennent ensuite des motivations plus « logiques » : les formations sont liées à une promotion suite à concours ou interne et sont intégrées dans une organisation globale. Enfin, plus modestement, la formation est rendue obligatoire par son responsable hiérarchique ou motivée par le désir d’opérer un revirement de carrière. « Pour ne pas "m’encroûter" dans la routine... » et « suite à intégration Loi Sapin » constituent les 2 autres raisons exprimées. Par ailleurs, interrogées sur la fréquence de participation aux sessions de formation, 340 personnes sur 480 répondent à cette question. Elles disent suivre des formations parfois (54,1%), régulièrement (38,5%), ou souvent (7,4%).

- Les contenus des formations suivies

Interrogés sur les 3 dernières formations suivies, les enquêtés étaient invités à indiquer l’intitulé, le type de formation, l’organisme, la période. Les réponses étaient donc libres. Au total, on dénombre 943 citations, ce qui donne une moyenne de 2,28 formations par agent ayant déclaré avoir suivi au moins une formation (414 personnes). On peut remarquer à la lecture des réponses que les mêmes formations, suivies par différentes personnes, peuvent avoir des intitulés variables. D’autre part, les types de formation sont aussi variables : cela s’explique par le fait qu’une même formation peut être validée comme journée d’étude et formation post-recrutement, une autre à la fois comme préparation de concours et formation continue, selon l’attente (ou le besoin de validation) du stagiaire. L’expression « journée d’étude » a été très souvent utilisée pour désigner les formations sur plusieurs jours des médiathèques départementales : il semble que le terme « étude » ait apporté une confusion pour certaines catégories de personnels. De plus, pour des formations organisées par plusieurs organismes, chacun a retenu l’un ou plusieurs d’entre eux, ou l’ensemble des partenaires. Autant que possible, et sans trahir les écrits des professionnels, les intitulés, type de formation et organismes ont été « retraduits ».

- Les intitulés

Ils sont ici regroupés par catégories (le nombre indique le nombre de citations) :
- amélioration des services au public, 63
- approfondissement dans des domaines de compétence, 175
- collections et politiques documentaires, 34
- communication écrite, 16
- communication orale, 15
- construction et aménagement d’un équipement, 2
- événements (animations, expositions), 69
- finances (budgets, marchés publics), 30
- gestion de projet culturel, 10
- informatique et NTIC, 167
- organisation des collectivités territoriales, 11
- organisation du travail et gestion du temps, 40
- statut de la FPT, 5
- préparation de concours, 142
- recherche d’informations et réseaux documentaires, 4
- traitement documentaire, 68
- traitement matériel des documents, 15
- GRH, 41
- langues, 11
- autres sujets, 25

Le classement de ces catégories indique la nette prédominance des formations visant à approfondir ses connaissances dans son domaine de compétence (18,56%), des formations à l’informatique et aux NTIC (17,71%) et les préparations aux épreuves des concours (15,06%). Viennent ensuite les formations dans le domaine des événements (7,32%), du traitement documentaire (7,21%) et de l’amélioration des services au public (6,68%). Viennent plus loin la gestion des ressources humaines (4,35%), l’organisation du travail et la gestion du temps (4,24%), les collections et politiques documentaires (3,61%), les finances (3,18%), suivies des autres sujets (2,65%). Enfin, sont citées des formations d’entraînement à la communication écrite et orale (1,69 et 1,59%), au traitement matériel des documents (1,59%), l’organisation des collectivités et les langues (1,17%), la gestion de projet (1,06%), le statut de la fonction publique territoriale (0,53%), la recherche d’information (0,42%) et, pour terminer, la construction et l’aménagement d’un équipement (0,21%).

- Les types de formations

Ces formations sont suivies dans le cadre de :
- la formation continue (483 occurrences sur 943, soit 51%),
- la formation post-recrutement (131 occurrences, soit 13,89%)
- les journées d’étude (116, soit 12,3%)
- les préparations de concours (112, soit 11,88%)
- les colloques (14, soit 1,48%) Pour 87 sessions, le type de formation n’était pas indiqué.

- Les organismes

Les principaux organismes cités sont, par ordre de fréquence :
- le CNFPT (Lille, mais aussi Alsace, Grande Couronne, Picardie) avec 421 citations,
- les Médiathèques départementales du Nord, 111, et du Pas-de-Calais, 105,
- des villes de la région (Dunkerque 18, Lille 5, Tourcoing 2, Lomme 3) ou d’ailleurs (Villeurbanne, Bourges, Troyes, Dijon, Montreuil, Saint Etienne), 35,
- MediaLille, 31,
- les ENACT, 20 (dont celui de Dunkerque, 15),
- l’ABF (Nord, PACA, Alsace), 17,
- NUM&LIV, 14,
- l’ENSSIB et l’ADNSEA-Lis avec moi, 13 Suivent, beaucoup plus modestement (de 8 à 3 citations), la DRAC, la Joie par les livres, le Conseil général du Pas-de-Calais, le CEMEA, l’UFR-IDIST, l’INET, l’association BIB-OP, Lecture Jeune, la FFCB, le Conseil général du Nord, le Goethe Institut, le CUEEP, la BPI et la BNF.

- L’application des enseignements

Les professionnels étaient interrogés sur une éventuelle mise en application des apprentissages reçus. A cette question, 34 personnes répondent « non ». Les raisons exprimées sont diverses : manque de temps ou d’outils (« pas encore eu l’occasion, trop récent », « nous ne sommes pas encore informatisés »), de reconnaissance de la part de la hiérarchie (« je suis cantonnée à des tâches de manutention » ), de disponibilité personnelle (« je ne m’en suis pas donnée les moyens », « arrêt longue maladie », « congé maternité ») ou de déception ressentie à l’issue du stage («  formation trop théorique ou pas applicable », « trop peu de formation », « j’avais un niveau supérieur au contenu de la formation »).

En revanche, 241 personnes ont répondu « oui ». Les applications sont elles aussi diversement appréhendées :
- soit que la formation préparait à un concours dont les épreuves ont été subies avec succès (« Oui, admissibilité à l’écrit du concours », « cela a favorisé l’obtention de l’écrit du concours », « réussite au concours »),
- soit que la formation suivie a aidé à asseoir la légitimité de l’agent sur son poste, par exemple en animation («  me permet de faire des projets d’animation vers le jeune public », « animation du jeu créé en stage lors de l’heure du conte en bibliothèque ») ou en informatique (« L’informatique me sert pour l’élaboration de tableaux », « dans le suivi du parc informatique, les formations ont été enrichissantes »), par rapport à ses collègues, à son responsable, aux partenaires ou aux élus («  dans le cadre de mes relations professionnelles, j’ai pu développer et adapter ma pratique pour un meilleur travail en partenariat, développer de nouvelles pistes d’actions et prendre de nouveaux contacts », « le stage "rôle de la lecture..." enrichit mon "discours" quand j’argumente auprès de professionnels de la petite enfance ou des familles »),
- ou soit que la formation était à visée purement pratique : catalogage, indexation, politiques d’acquisitions… (« désherbage : j’ai appris à trier », « élaboration d’une charte d’acquisitions et d’une liste des cotes validées », « le stage indexation rameau a été mis en application dès ma formation terminée »).

- Le partage des apprentissages

La question portait sur le retour de formation. Les connaissances acquises sont-elles partagées avec les collègues ? Un compte-rendu oral ou écrit est-il effectué ? 45 personnes répondent négativement, évoquant le manque de temps (« non, impossible par manque de temps », « rarement, par manque de temps »), d’intérêt de la part de leurs collègues (« c’est une totale indifférence de leur part », « cela ne les intéresse pas »), ou l’impossibilité de retraduire la richesse des contenus (« Non, car il s’agit de formations relatives à la fonction de responsable de service », « stages à vivre, difficiles à partager »). 200 réponses positives ont été enregistrées.

La majorité des transmissions se sont faites oralement et à quelques collègues, parfois au cours de réunions (« après chaque session de formation, je réunis l’ensemble du personnel pour échanger sur la formation », « après le stage "rôle de la lecture..." partage de mes découvertes lors d’une "rencontre avec nos lecteurs" organisée à la médiathèque », « compte rendu oral lors de réunion et écrit pour les collègues intéressés »). La plupart sont motivées par le fait que plusieurs agents de la structure sont concernés par le sujet et vont mettre en application les apprentissages collectivement (« au retour, on voit ensemble comment appliquer ce que l’on a vu en stage », « cela fait rebondir l’équipe sur de nouvelles tâches de travail et de nouveaux projets »). Quelques personnes en font systématiquement un compte-rendu écrit pour leur responsable et leurs collègues, allant parfois jusqu’à les former à leur tour («  compte rendu écrit, permet de garder une trace et de pouvoir s’y référer », « outils écrits qui vont pouvoir être utilisés tels quels ou servir de base de travail », « j’informe mes collègues par formation ou compte rendu écrit »).

- Les freins à la formation

Parmi les réponses possibles à la question sur les freins à la formation (Je ne suis pas ou peu de formation), les plus souvent cochées sont : il faut se déplacer parfois loin (18,4%), j’ai trop de travail (11,8%) et je ne peux pas partir plusieurs jours (10,5%) ; pour suivre en sixième position ex-æquo, cela entraîne des frais à avancer et cela perturberait ma vie personnelle (5,4%). Le manque de disponibilité personnelle est donc le premier motif de non-participation aux sessions de formation.

C’est en quatrième position qu’est évoqué le manque d’information (je ne suis pas informé sur les formations 9%). Dans le peloton suivant sont exprimés :
- la déception (les dernières formations suivies m’ont déçu 3 ,3%),
- le manque de volonté (je n’en ressens pas le besoin 2,9%),
- le défaut de contrainte (je n’y suis pas contraint 2,5%),
- le refus de sa hiérarchie (mon responsable ne supporte pas mes absences du service 2,1% ; ma collectivité n’y est pas favorable 1,9%),
- la saturation et l’obligation d’en faire un compte-rendu (1,7%). Enfin, personne n’a coché la réponse c’est une perte de temps, c’est inutile, ce qui est plutôt rassurant ! Parmi les autres raisons (19,9%) on peut lire des propos exprimant :
- les défaillances de l’offre de formation (spécialité absente des programmes, manque de places, inadéquation entre la théorie et le terrain,…),
- l’embauche récente et le statut précaire (« en contrat renouvelé tous les 6 mois, on me dit que je n’ai pas accès aux formations CNFPT », « Je viens d’être recrutée et c’est mon premier poste »),
- le refus de sa hiérarchie (pas d’organisation des formations, pas de budget formation pour les formations payantes ou les défraiements selon certains lieux de stage),
- le manque de personnel,
- la non motivation (« aucune formation ne m’intéresse », « ces formations ne sont pas indispensables », « je ne veux pas en faire »),
- les stages annulés, notamment «  faute de participants  »,
- la fin de carrière,
- les déplacements et le défaut de moyen de transport.

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Rédigé le 21 October 2004 par administrateur, actualisé le 21 July 2005
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